ARTICLE GAGNANT
CATEGORIE "COLLECTIF"

L'ARTICLE DE LA CLASSE DE 3ème
(Professeur : Mme CASTAN)
DU COLLEGE JEAN PERRIN (94 VITRY-sur-SEINE)

 

Le clonage humain : la nouvelle folie de l'homme
Un grand pas pour la science, une " clonerie "
(1) pour l'homme ...

          Le Journal d'un clone est une nouvelle de Gudule racontant l'histoire d'un monde où le clonage humain est utilisé comme une nouvelle forme d'esclavage.
          En effet, les clones sont commercialisés non seulement pour accomplir les tâches ménagères, les tâches pénibles ou dangereuses pour l'homme, mais aussi pour servir de vulgaires jouets à la mode dont on se débarrasse par le vide-ordure. Afin d'obtenir le dernier modèle HD23 pour Noël, Yannick additionne mutilations et maltraitances physiques et morales sur son clone désuet.
          Quant à Julia, la petite sœur, pensant bien faire, elle ne fait qu'aggraver la souffrance de celui-ci en badigeonnant ses multiples plaies de confiture et en appliquant des compresses de jus d'orange sur son œil blessé.
          Le plus ignoble est que les chercheurs ont programmé le clone pour qu'il soit d'une passivité exemplaire.
          Ce qui nous a le plus frappés, c'est principalement l'insensibilité du clone envers lui-même puisqu'il n'a pour préoccupation que d'épargner les soucis domestiques à ses propriétaires. Malade, il se parle en ces termes : " Une chance, la fièvre, ça ne salit pas " !

          ET VOUS, AIMERIEZ-VOUS ETRE TRAITE DE CETTE FACON?

          Certes, le clonage peut s'avérer bénéfique lorsqu'il répond à des objectifs thérapeutiques tels que les greffes d'organes à partir d'une cellule souche ou embryonnaire, c'est-à-dire non différenciée.
          Cependant, on peut craindre que l'homme, avide de connaissances et de progrès scientifiques, ne se fixe aucune limite morale et se laisse gagner par des idées de domination et de conquête.
          Ainsi, en début d'année, le docteur Severino annonçait-il la possibilité de cloner un être humain en Italie d'ici un ou deux ans. Aux Etats-Unis, le biologiste Panos Zavos propose, quant à lui , un monde rejoignant celui imaginé par Gudule, en annonçant le premier embryon humain cloné pour Noël, et en déclarant : " Dans vingt ans, il y aura plein de clones et on gagnera bien sa vie avec. " (Libération, 18.10.2001)
          Imaginez la scène sur les marchés: " Qui veut mon clone ? Cent euros, c'est pas cher! " Cela vous paraît comique, mais pensez-y ! Sans qu'une telle extrémité se produise, les questions se posent déjà : le clone sera-t-il mon fils ou mon jumeau ?
          L'enfant cloné vivra-t-il sa propre vie ou revivra-t-il celle de son cloneur ? Quelle place lui accorderons -nous dans la société ? Quel sera son statut ? Citoyen à part entière ou individu cantonné " dans des secteurs à risques " comme l'imagine Gudule ?
          Autant de questions qui restent en suspens ...
          Ce qui est certain, c'est que c'est la notion même de vie qui est remise en question. L'homme deviendrait créateur et Dieu, qui selon les croyants, " a créé l'homme à son image " passerait alors pour un vulgaire cloneur.
          Puisque CHAQUE ETRE EST, ET DOIT RESTER UNIQUE, le clonage est condamnable sur un plan moral. La reproduction humaine ne se résume pas à une reproduction à l'identique, à une PHOTOCOPIE.
          Comme le déclare l'essayiste JC Guillebaud : " Le clonage devrait relever du crime contre l'humanité : c'est un inceste avec soi-même, un inceste au carré "
(2). Heureusement, grâce au texte voté le 12.01.1998 dans le cadre de la Convention européenne des Droits de l'Homme, par 19 états dont la France, le clonage n'est pas permis. Nous soulignons le rôle important du Comité d'éthique dans cette décision. Le cycle de la vie doit rester fruit du hasard pour certains, œuvre de Dieu pour d'autres.
          Alors, cessons nos caprices de grands enfants, et profitons purement et simplement de ce présent que Dame Nature nous a offert : LA VIE.!

(1) Nous empruntons ce jeu de mots utilisé par à Daniel Rocher, avocat, dans un article pour Libération, 5.2.1998, et reproduit dans notre manuel de français.
(2) Propos recueillis dans Télérama, 31.10.2001.


La classe de 3ème (professeur : Mme Castan) du collège Jean-Perrin
(94400 Vitry-sur-Seine)